Rédigé par l'hebdo des toulousains-vladimir max culture- presse écrite et publié depuis
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La disparition deChuck Norris, survenue vendredi 20 mars, marque bien plus que la perte d’une figure emblématique du cinéma d’action. Avec lui, c’est tout un pan de la culture populaire qui semble s’effacer, ravivant une nostalgie inattendue à l’heure où les plateformes de streaming ont profondément transformé nos habitudes de consommation.
Car derrière l’acteur, c’est aussi une époque qui refait surface : celle des vidéoclubs. Un rituel familier pour toute une génération, notamment les plus de 30 ans, qui se souviennent de ces soirées passées à arpenter les rayonnages à la recherche du film idéal. Bien avant les catalogues numériques et les recommandations algorithmiques, le choix relevait alors de la curiosité et du hasard.
Dans ces lieux, le public pouvait aussi bien découvrir des œuvres confidentielles comme L'Odeur de la papaye verte, réalisé par Trần Anh Hùng, que des productions plus populaires, à l’image des films de Bruce Lee. Les vidéoclubs ont ainsi contribué à forger une culture cinématographique riche et éclectique, sans hiérarchie ni frontières entre les genres.
Le support phare de cette époque, la VHS — pour « Video Home System » — permettait de visionner chez soi des films enregistrés sur bandes magnétiques. Dans les années 1980, ce format a largement participé à la diffusion des œuvres de Chuck Norris, notamment après son apparition remarquée aux côtés de Bruce Lee dans La Fureur du Dragon.
Par la suite, l’acteur enchaîne les succès, de Dent pour dent à la saga Delta Force. À une époque où certains longs-métrages sortaient directement en cassette, les vidéoclubs offraient un accès inédit à une multitude de films, souvent introuvables ailleurs. C’est ainsi que le public a pu découvrir des titres comme Sale temps pour un flic, Héros ou encore L'Arme secrète.
Plus que de simples commerces, les vidéoclubs incarnaient une certaine idée du cinéma : pluriel, accessible et ouvert à toutes les curiosités. Franchir leur porte, c’était s’offrir une parenthèse culturelle, partir à la découverte d’images différentes, et parfois tomber sur de véritables trésors cachés. Aujourd’hui, à l’heure du tout-numérique, leur souvenir revient avec une force particulière, porté par la disparition de l’un de leurs visages les plus familiers.