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 Le Petit Journal - Chroniques Vladimir Max
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De la scène punk au braquage de la Brink’s de toulouse : l’incroyable cavale du rockeur de Camera Silens

C’est une histoire digne d’un polar, mêlant rock radical, engagement politique et faits divers spectaculaires. Celle de Camera Silens, groupe punk bordelais des années 80, dont le chanteur, Gilles Bertin, est passé de la scène à la cavale, après l’un des plus gros braquages de l’histoire récente française. Retour sur un parcours aussi troublant que fascinant.

L’explosion du rock alternatif des années 80

Pour comprendre cette rocambolesque affaire, il faut remonter aux années 1980, au cœur d’un bouillonnement culturel inédit. L’arrivée de la gauche au pouvoir et la libéralisation de l’audiovisuel donnent naissance aux radios libres et à une véritable effervescence musicale. Dans ce contexte, des groupes comme Les Béruriers Noirs, Les Garçons Bouchers, Les Wampas, ou encore Camera Silens trouvent un écho auprès d’une jeunesse en quête de rébellion.

Issu de Bordeaux, Camera Silens se distingue par une musique punk aux accents politiques radicaux, flirtant avec les idées de l’extrême gauche, voire avec celles des Brigades rouges et de l’ETA. En 1982, le groupe remporte le tremplin Rockotone et enregistre Pour la gloire au studio Deltour de Toulouse. Le morceau est même sélectionné par Patrice Blanc-Francard pour représenter la mouvance punk dans Les Enfants du Rock sur Antenne 2. Le groupe est alors à son apogée.

Du rock à la marginalité, puis au crime

Mais rapidement, Camera Silens s’effrite, ses membres glissent vers la marginalité. Le 26 avril 1988, un événement fait basculer leur histoire dans le domaine criminel : un spectaculaire braquage est perpétré à Toulouse. Des employés de la Brink’s sont pris en otage à leur domicile, contraints de livrer les codes de sécurité et de désactiver les alarmes. Les braqueurs s’emparent alors de 11,4 millions de francs, soit environ 2,7 millions d’euros, sans tirer un seul coup de feu.

Le coup semble parfait. Mais une erreur va tout faire basculer.

Une revue, des empreintes… et une piste

Dans une planque à Plaisance-du-Touch, les enquêteurs retrouvent des revues — Libération et Fluide Glacial — portant les empreintes d’un certain Gilles Bertin, connu des services de police. Militant d’extrême gauche, proche de l’ETA… et chanteur-bassiste de Camera Silens.

Dès lors, l’étau se resserre. Fin août 1988, les premières arrestations tombent : Muriel Guinet et Nicole Blanc sont interpellées. Le 1er septembre, une fusillade éclate au péage de Lalande, menant à l’arrestation de José Gomez y Martin, cerveau présumé du casse. Les mois suivants, d’autres suspects sont arrêtés à Bordeaux, au Luxembourg et en Espagne.

Tous sauf un : Gilles Bertin, qui prend la fuite.

28 ans de cavale, puis la reddition

Commence alors une cavale de 28 ans à travers l’Europe. L’ex-rockeur vit dans la clandestinité, en Espagne notamment, où il fonde une famille sous une fausse identité. Mais en 2016, malade, las de fuir, il se rend aux autorités. En juin 2018, son procès se tient devant la cour d’assises de Toulouse. Contre toute attente, Bertin est condamné à cinq ans de prison avec sursis.

Il meurt un an plus tard, le 7 novembre 2019, à Barcelone. Fin d’une vie hors normes, oscillant entre engagement, musique et délinquance.

’est une histoire digne d’un polar, mêlant rock radical, engagement politique et faits divers spectaculaires. Celle de Camera Silens, groupe punk bordelais des années 80, dont le chanteur, Gilles Bertin, est passé de la scène à la cavale,
l’incroyable cavale du rockeur de Camera Silens

 

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