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 Le Petit Journal - Chroniques Vladimir Max
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Carte de Séjour : quand le rock réécrit la “Douce France”

Les années 80… Une décennie charnière. Entre rigueur économique, chômage de masse et montée du Front national, la France vit alors une mutation idéologique profonde. Le néolibéralisme s’impose, ses secousses traversent la société, et les immigrés deviennent souvent les boucs émissaires d’une crise qui les dépasse.

C’est dans ce climat électrique qu’émerge un groupe au nom symbolique : Carte de Séjour. Rock nerveux aux accents orientaux, paroles engagées, énergie brute… Les Lyonnais bousculent les codes et, très vite, s’imposent comme la voix d’une jeunesse issue de l’immigration qui refuse de rester en marge.

Leur reprise explosive de Douce France, hymne patrimonial de Charles Trenet, résonne comme un uppercut en pleine montée des thèses xénophobes. Quand Rachid Taha et ses camarades revisitent ce classique, ce n’est plus une carte postale nostalgique mais un cri d’appartenance : cette France est aussi la leur.

En 1983, leur participation au grand concert de la Bastille, clôture de la Marche pour l’égalité et contre le racisme – dite “Marche des Beurs” – les installe définitivement comme porte-drapeaux artistiques et politiques d’une génération. “Douce France” devient l’hymne métissé et combatif d’une époque qui donnera naissance au slogan “Touche pas à mon pote”.

Dans son ouvrage Carte de séjour – Un groupe rock dans la “douce France” des années 80 (Éditions Le Mot et le Reste), l’historien Philippe Hanus revient sur ce moment de musique et de société. Entre anecdotes, archives et portraits, il retrace l’aventure d’un groupe inclassable, mené par un Rachid Taha charismatique, mélangeant arabe dialectal, anglicismes et argot lyonnais, ce fameux “Rhorho” qui électrisait la scène.

Plus qu’un livre de mémoire, c’est aussi un hommage vibrant à Rachid Taha, disparu en 2018 à 59 ans. Une façon de rappeler que derrière la fureur du rock se cachait une vision : celle d’une France multiple, bruyante, fière et métissée.

C’est dans ce climat électrique qu’émerge un groupe au nom symbolique : Carte de Séjour. Rock nerveux aux accents orientaux, paroles engagées, énergie brute… Les Lyonnais bousculent les codes et, très vite, s’imposent comme la voix d’une jeunesse issue de l’immigration qui refuse de rester en marge.
Un groupe rock dans la “douce France” des années 80 disponible aux Éditions Le Mot et le Reste

 

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